Retour sur l’article de Jeune Afrique (Juillet 2017)

J’étais tellement ravie de découvrir cette parution dans Jeune Afrique, un lundi soir de juillet. Après avoir reçu un sms de la journaliste qui m’a interviewée, je cours au kiosque le plus proche à Montparnasse avant mon cours de sport. Un grand sourire aux lèvres, je demande « Le Jeune Afrique s’il vous plaît! Je crois que je suis dedans. » Le marchand de journaux me répond que je pourrais trouver rapidement un fiancé avec cet article. (rires)
J’y découvre le portrait en noir et blanc de Cyrille Choupas, et l’interview dans laquelle je me reconnais.

cultures noires nooru box

Dans cet article j’affirme que « Se revendiquer de l’art contemporain africain est un danger pour les artistes eux-mêmes. Il faut pouvoir les inscrire dans des sphères plus universelles. »

Je m’explique:

Pourquoi? Cela peut paraître paradoxal, mais tout simplement parce que de l’Ethiopie à l’Afrique du Sud, en passant par la République Démocratique du Congo ou encore le Ghana ou l’Afrique, le continent africain est pluriel.

A plusieurs reprises, j’ai rencontré de nombreux artistes qui refusaient cette étiquette d' »artistes africains »: « Je suis artiste. Point. » Une étiquette très souvent associée à un folklore non maîtrisé et un autodidactisme relevant du mystique…
Parler d’ « art africain contemporain » ou d’ « art contemporain africain » semble effectivement une formule qui adhère de moins en moins à la surface d’une globalisation culturelle qui bat son plein aujourd’hui.

Comme le dit Okwui Enwezor, il existe plusieurs mondes de l’art qui convergent vers un même système. Et aujourd’hui, ce monde de l’art contemporain « africain » s’approche de plus en plus de ce système de l’art, et de ses schémas institutionnels (galeries, foires, expositions grand public…), qui eux mêmes se mettant en place, tissent un nouveau réseau parallèle à celui du monde africain de l’art contemporain.
Nous avons alors, un monde de l’art « africain », un système de l’art global et un réseau parallèle, qui sert de zone tampon, voire de passerelle entre les deux.

Il s’avère alors dommage que ce monde de l’art ci ne poursuive son développement qu’en marge, et sans chercher à s’inscrire dans l’universalité du même système.

Cela signifierait à se poser les questions suivantes: comment le schéma institutionnel d’une biennale se déploie t-il dans le monde africain de l’art? Comment une foire se déroulant sur le continent africain est-elle en phase avec ce système de l’art? Ou encore comment aborder l’art issu du continent africain d’un point de vue universel?

L’acquisition des oeuvres de certains artistes issus du continent africain par de grands musées internationaux permet d’écrire de nouveaux récits. Cependant, cela reste à double tranchant: de nouveaux récits se doivent également d’être écrits sur le continent même, avec ces acteurs en écho à la globalisation.

 

A lire

Art : la blogueuse et entrepreneuse ivoirienne Virginie Ehonian met les cultures noires à l’honneur

 

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